Comprendre la corrosion

Les 7 grands types de corrosion que tu dois connaître

Cet article présente les sept principaux types de corrosion, détaillant leurs caractéristiques et comment les identifier sur le terrain. Il souligne l'importance de cette connaissance pour les inspecteurs afin de diagnostiquer et décrire précisément les phénomènes de corrosion.

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Corrosion Academy -- Article 2

Les 7 grands types de corrosion que tu dois connaître

Dans le premier article, on a posé les bases : qu'est-ce que la corrosion, pourquoi elle apparaît, quels sont ses ingrédients et ses impacts.

Dans la pratique, la corrosion ne se présente pas toujours de la même façon. Parfois elle attaque la surface uniformément, parfois elle crée des petits trous très localisés, parfois elle se cache sous la peinture...

Comprendre les grands types de corrosion, c'est essentiel pour :

  • mieux lire ce que tu observes sur une structure,
  • mieux décrire ce que tu vois dans un rapport,
  • mieux dialoguer avec tes collègues, tes prestataires ou tes clients.

On va voir ensemble 7 grands types de corrosion que tu croiseras souvent sur le terrain, en restant simple et concret.

  1. La corrosion uniforme

C'est la forme de corrosion la plus « intuitive » : l'attaque est relativement homogène sur une grande surface.

Tu la reconnais quand :

  • la surface semble globalement amincie ou rugueuse,
  • la couleur est relativement uniforme (rouille brune/orange sur l'acier),
  • tu n'as pas de zones très localisées beaucoup plus attaquées que le reste.

On la rencontre souvent sur :

  • des structures laissées sans entretien dans un environnement extérieur,
  • des tôles exposées longtemps sans revêtement,
  • des surfaces où le revêtement a disparu de manière assez générale.

La corrosion uniforme est parfois « moins traîtresse » car elle est plus visible et plus facile à estimer en perte d'épaisseur. Mais elle peut tout de même conduire à des pertes de section importantes si on la laisse évoluer.

  1. La corrosion par piqûres (pitting)

La corrosion par piqûres est une forme de corrosion localisée. Au lieu d'attaquer toute la surface, la corrosion se concentre sur de petits points qui perforent progressivement le métal.

Tu la reconnais quand :

  • la surface globale semble encore correcte,
  • mais tu vois des petits cratères, trous ou cavités profondes,
  • parfois remplis de produits de corrosion ou de dépôts.

Elle est particulièrement redoutable car :

  • elle peut traverser une tôle en épaisseur alors que la surface paraît « saine »,
  • elle est parfois difficile à voir sans nettoyage ou sans inspection rapprochée,
  • elle peut conduire à des fuites (réservoirs, tuyaux) ou à des amorces de rupture.

On retrouve la corrosion par piqûres notamment :

  • dans des environnements contenant des chlorures (environnement marin, sels de déneigement),
  • sur certains aciers inoxydables exposés à des milieux agressifs,
  • dans des zones où l'eau stagne ou où des dépôts se forment.
  1. La corrosion galvanique

La corrosion galvanique apparaît quand deux métaux différents sont en contact électrique dans un milieu conducteur (présence d'eau, d'humidité, d'électrolyte). L'un des deux métaux va jouer le rôle d'anode et se corroder plus rapidement, l'autre va être protégé (cathode).

Tu la reconnais quand :

  • tu vois deux métaux différents en contact (par exemple acier + aluminium, acier + cuivre, acier + zinc...),
  • la corrosion se concentre surtout sur l'un des deux,
  • les zones autour de l'assemblage sont plus attaquées que le reste de la structure.

Exemples classiques :

  • visserie ou boulonnerie d'un métal différent de la structure,
  • pièces en aluminium fixées sur des structures en acier,
  • équipements inox fixés sur des supports acier sans isolation.

On peut limiter la corrosion galvanique en :

  • choisissant des couples de métaux plus compatibles,
  • isolant électriquement les pièces entre elles (joints, rondelles isolantes),
  • assurant une bonne protection par revêtements.
  1. La corrosion par crevasses

La corrosion par crevasses apparaît dans des zones où le milieu (eau, solution corrosive) peut pénétrer mais ne s'évacue pas facilement : joints, interfaces, zones serrées, dépôts...

Tu la reconnais quand :

  • la surface extérieure semble globalement correcte,
  • mais des attaques importantes sont observées dans des zones fermées, sous des joints, des fixations, des recouvrements,
  • la corrosion est particulièrement forte là où l'oxygène est limité et où des différences de composition se créent.

Exemples :

  • sous les joints d'étanchéité,
  • sous les brides, entre deux tôles en recouvrement,
  • dans les zones où des dépôts créent des « poches » de liquide stagnant.

C'est un type de corrosion souvent sous-estimé, car il est moins visible à l'œil nu et nécessite parfois un démontage ou une inspection spécifique.

  1. La corrosion sous contrainte

La corrosion sous contrainte (CSC) est une forme de dégradation qui combine :

  • un environnement corrosif,
  • un matériau sensible,
  • et des contraintes mécaniques (charges, tensions résiduelles, flexions...).

Elle se manifeste souvent par :

  • des fissures qui apparaissent et se propagent dans le matériau,
  • parfois sans grande perte d'épaisseur visible,
  • des ruptures brutales alors que la corrosion « visible » semble limitée.

La CSC est particulièrement critique dans :

  • certaines installations sous pression,
  • des équipements à haute température,
  • des milieux chimiques spécifiques (par exemple, CSC chlorure sur certains inox).

Ce n'est pas forcément la première forme de corrosion que tu chercheras sur un garde-corps extérieur, mais c'est une notion importante dès que tu touches à des équipements plus sensibles.

  1. La corrosion-érosion (et la cavitation)

La corrosion-érosion combine une attaque chimique ou électrochimique avec un effet mécanique lié à l'écoulement d'un fluide (liquide ou gaz) qui vient « arracher » les produits de corrosion et attaquer à nouveau le métal.

Tu la reconnais quand :

  • la corrosion est concentrée dans des zones de forte vitesse ou de turbulence (coudes, réductions, obstacles...),
  • la surface présente un aspect érodé, parfois « rongé » dans le sens de l'écoulement,
  • les attaques sont plus importantes sur certaines zones du circuit que sur d'autres.

La cavitation est un cas particulier où des bulles se forment et implosent près de la surface, créant des chocs locaux très violents (hélices, pompes, etc.).

On la rencontre notamment :

  • à l'intérieur de tuyauteries ou de pompes,
  • sur des hélices ou des organes en mouvement dans un fluide,
  • dans des circuits où la vitesse ou le régime d'écoulement est mal adapté.
  1. La corrosion sous revêtement (sous-film, filiforme...)

Parfois, la structure semble « encore bien peinte », mais la corrosion travaille en dessous. C'est la corrosion sous revêtement (ou sous-film), qui peut prendre plusieurs formes, dont la corrosion filiforme.

Tu la reconnais quand :

  • tu vois des cloques, boursouflures ou décollements de peinture,
  • des zones de rouille apparaissent aux impacts, rayures ou défauts de revêtement,
  • la corrosion semble « ramper » sous la peinture à partir d'un défaut local.

La corrosion filiforme, en particulier, se manifeste par de petits « fils » ou filaments de corrosion sous la peinture, souvent à partir des arêtes, des zones de découpe ou des défauts de préparation.

Les causes fréquentes :

  • préparation de surface insuffisante,
  • pollution ou contamination avant peinture (sels, huile, humidité),
  • système de peinture mal adapté ou mal appliqué.

Ce type de corrosion est particulièrement problématique car il peut avancer « caché » et affaiblir fortement l'adhérence du revêtement.

En résumé : les 7 types de corrosion à garder en tête

Pour résumer, voici les 7 grands types de corrosion que tu dois connaître :

  1. Corrosion uniforme -- attaque plus ou moins homogène sur une surface.
  2. Corrosion par piqûres -- attaques très localisées, parfois perforantes.
  3. Corrosion galvanique -- attaque d'un métal au contact d'un autre, en présence d'un électrolyte.
  4. Corrosion par crevasses -- attaques concentrées dans des zones confinées, peu ventilées, où le liquide stagne.
  5. Corrosion sous contrainte -- fissuration liée à la combinaison milieu
  • matériau + contraintes.
  1. Corrosion-érosion (et cavitation) -- attaque combinée du milieu et de l'écoulement.
  2. Corrosion sous revêtement -- corrosion qui progresse sous la peinture ou le revêtement.

Tu n'as pas besoin d'être expert dès le premier jour, mais :

  • savoir reconnaître ces grands types sur le terrain,
  • savoir les nommer,
  • commencer à les décrire dans un rapport,

c'est déjà un énorme pas en avant par rapport à un simple « ça rouille ».

Et maintenant, comment progresser sur le sujet ?

Si tu veux aller plus loin que cette vue d'ensemble :

  1. Tu peux suivre le parcours « Bases de la corrosion » Il t'aidera à :
  • approfondir les mécanismes derrière ces différents types de corrosion,
  • comprendre dans quels environnements ils apparaissent,
  • voir comment ils se traduisent sur de vrais cas concrets.
  1. Tu peux télécharger une fiche mémo « Les 7 grands types de corrosion » À utiliser comme aide-mémoire sur le terrain ou lors de la rédaction de tes rapports.

C'est en observant, en nommant et en décrivant correctement la corrosion que tu commences vraiment à penser comme un inspecteur anticorrosion.


Sources et références

Normes internationales :

  • ISO 12944 (parties 1 à 8) : Peintures et vernis - Anticorrosion des structures en acier par systèmes de peinture
  • ISO 8501 : Préparation des subjectiles d'acier avant application de peintures et de produits assimilés
  • ISO 19840 : Peintures et vernis - Anticorrosion des structures en acier par systèmes de peinture - Mesurage de l'épaisseur du feuil sec

Organismes de certification :

  • FROSIO (Conseil Professionnel Norvégien pour la Formation et la Certification des Inspecteurs en Traitement de surface) : Organisme norvégien de certification internationale en inspection peinture
  • AMPP (anciennement NACE International) (National Association of Corrosion Engineers) : Association professionnelle mondiale de lutte contre la corrosion

Études et publications :

  • AMPP (anciennement NACE International) (2023) : "International Measures of Prevention, Application, and Economics of Corrosion Technologies Study"
  • European Federation of Corrosion (EFC) : Publications techniques sur la corrosion en Europe

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